3 égale 5 ?

15 octobre 2010

(English version)

Lors d’une de mes classes récentes dédiée aux débutants, l’un d’eux après avoir écouté attentivement est venu vers moi et m’a demandé pourquoi sanshin = 3 esprits / cœurs alors que nous travaillons les gogyô = 5 éléments ? Ou pour faire simple : pourquoi 3 = 5 ?

Ce que j’aime chez les débutants, c’est qu’ils sont si désireux de comprendre qu’ils viennent demander des choses qu’un élève plus gradé ne le ferait pas. Et ce que j’aime, c’est que leurs questions sont souvent plus profonde qu’elles ne le paraissent à première vue.

Alors, pourquoi ou comment est-il possible que 3 = 5 ?

Les enchaînements des cinq éléments s’appelaient à l’origine “shoshin gôkei gogyo no kata” puis plus tard sensei utilisa l’appellation de “sanshin no kata”. Aujourd’hui dans le Bujinkan les deux appellations de “sanshin no kata” ou “gogyô no kata” sont correctes.

Sanshin écrit 三身 représente les trois joyaux du bouddhisme, mais le bujinkan écrit sanshin comme 三心 avec pour signification 3 esprits / coeurs. Nous verrons plus tard ce que cela peut recouvrir.

Les gogyô sont les cinq éléments (japonais) 五行. Gyô 行 a le sens de : pratique, formation, exercice (comme dans shugyô 执行, pratique ascétique). Les gogyô sont aussi appelés “godai” 五大 les 5 grands ; ou “gotai” 五体, les 5 corps afin de montrer l’importance des cinq éléments chi 地, sui 水, ka 火, fû 风, kû 空. Ils sont les briques de base constituant l’espace-temps et leur connaissance conduit au 6ème élément shiki 识, la conscience, la sagesse (sanskrit [vijJaana], विज्ञान).

En ce qui concerne “gôkei”, la seule chose que j’ai trouvée est 合计 et signifie «somme totale». Sachant que Shoshin ici 初审, a le sens de : “initial, d’origine», le nom complet de “shoshin gôkei gogyô no kata” peut dès lors s’interpréter comme les cinq “formes d’apprentissage pour développer l’unité corps-esprit”. Plus simplement ces cinq exercices sont la base permettant de comprendre le tout, la multiplicité des possibles menant à l’unicité et à la façon de bouger de façon naturelle.

Alors, pourquoi 3 = 5 ? Parce que les deux terminologies définissent des aspects différents d’une même réalité.

  • Sanshin se réfère au passé, présent et futur. Vous apprendrez à travers les cinq formes à bouger : 1) avant l’attaque, 2) lors de l’attaque, 3) après l’attaque. Cela développera votre compréhension du timing et de rythme.
  • Sanshin se réfère aussi aux trois niveaux du tenchijin. Vous appliquez les 5 formes en vous concentrant tour à tour sur les bras (niveau ten), sur les jambes (niveau chi) ou sur l’ensemble du corps (niveau jin)
  • Sanshin fait également référence aux 3 moments présents dans chacun des éléments : kamae, ukemi , kaeshi. Attitude (mentale et physique), réception, réaction.
  • Sanshin se réfère aussi à la découpe pédagogique habituelle : élèves débutants, élèves intermédiaires et élèves avancés car tout le monde peut trouver quelque chose de nouveau en fonction de son niveau de compétence. Cette dernière explication vous indique aussi pourquoi il peut exister des «vérités» diférentes dans la manière de faire ces mouvements.
  • Sanshin c’est enfin savoir (pouvoir) se comporter avec l’esprit d’un enfant de trois ans. Si vous pouvez garder cela à tout moment, vous trouverez le mouvement naturel.

Les gogyô font eux référence aux cinq éléments que nous percevons. S’il vous plaît notez que nous nous référons ici aux éléments japonais (ou Tibetains) et non pas aux éléments Chinois.

  • Le godai ou gogyô sont toujours centrés sur chi, la terre. Sensei a expliqué que contrairement à la Chine, les Japonais faisaient toujours repasser par chi. Nous avons donc : chi, chisui,  chika, chifû, chikû. Lorsque vous le représentez par un dessin cela dessine une sorte de croix dont chi est le centre.
  • Gogyô se réfère aussi à nos cinq sens conduisant au développement du 6ème sens. Nous avons vu que shiki, la conscience est le résultat de la maîtrise (compréhension) des cinq éléments.
  • Gogyô enfin se réfère aux cinq directions de nos déplacements (avant, arrière, gauche, droite, milieu). Les 斜め naname (diagonale) sont des variantes des directions précédentes.

Ces cinq exercices ne sont que des excuses pour nous amener à maîtriser les cinq manifestations de la nature par l’apprentissage des déplacements et des mouvements afin de trouver le flux naturel permettant d’atteindre la sagesse avec l’aide de ces trois coeurs.

Donc, 3 = 5 et c’est aussi pour cela que dans certaines écoles comme  le gyokushin ryû, sensei appelle “kihon happô” le sanshin no kata ! “Au Bujinkan le grade de jûgodan (…) exprime l’idée de 3 coeurs x 5 éléments = 15  austérités” (dans “unarmed fighting techniques of the samurai” Hatsumi sensei, p. 34).

Le sanshin no kata ou gogyô no kata est l’essence des arts du bujinkan et c’est pourquoi nous devons répéter ces enchaînements à chaque cours. Comme sensei l’a écrit dans le TRNT (page 69) : “Je recherche un guerrier qui a, dirons-nous, comme qualité essentielle de toujours se comporter dans la voie martiale avec le mental d’un enfant de trois ans même s’il en atteint cent, c’est l’essence de sanshin, un talent pour l’imperfection ».

Entraînez-vous !

Kyôgô

  1. nb1: avez-vous noté qu’il ya 5 réponses pour sanshin et 3 pour gogyô ?
  2. nb2: avez-vous noté que dans le TRNT l’explication de sanshin est page 69, autre symbole de in-yo.
  3. nb3: ne vous fiez pas aux apparences, sans conscience les formes peuvent vous tromper.

(English version)

Dans l’Abidharma sutra le Bouddha (5ème siècle avant notre ère) dit que “rien ne se crée, tout est énergie”. A peu près à la même période, Anaxagore, un philosophe grec a dit que: “Rien ne naît ni ne périt, mais des choses déjà existantes se combinent, puis se séparent de nouveau”.

Beaucoup plus tard, en 1789, Lavoisier, le «père» de la chimie moderne, a déclaré que «rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme”. Il a été décapité (transformé ?) en 1794 pendant la révolution française. Cela nous conduit au 20e siècle à Einstein et à sa théorie de la relativité.

Mais pour nous, pratiquants d’arts martiaux c’est la meilleure définition que l’on puisse trouver de ce qu’est l’énergie. C’est “l’ainsité” du bouddhisme.

Les bouddhistes, les philosophes pré socratiques et les scientifiques sont donc d’accord sur la re-combinaison infinie de tout ce qui est. Il n’y a rien de magique ici, ni de mystique, seuls des faits apportés par l’observation pure. Ce “qui a toujours été” est ce qui constitue l’univers. Il s’agit de la “matière-énergie” ou “énergie vitale” de l’univers de la science et du Taoïsme.

Ce que nous appelons “ki” ou “Ch’i” est “tout simplement” le vide primordial ou l’existence primordiale de toutes choses qui fluctue  et palpite à l’infini  en toute chose. En réalité, ce Ki n’est pas ésotérique du tout et grâce à un long entraînement nous développons les yeux pour voir comment se transforme cette pulsation et pouvons nous y adapter.

Peut-être est-ce ce que sensei veut dire quand il dit que nous avons à comprendre (ou à obtenir) “Shinshin Shingan”, 心神 心眼 “l’esprit et le regard des dieux”.

Lorsque l’adversaire nous attaque, notre devons être à l’écoute de ce flux instantanément et réagir sans penser, et c’est pourquoi aucune idée préconçue ne doit exister. Le mouvement naturel naît lorsque le pratiquant a l’intuition de ce qu’il doit faire dans la situation. Cette “intuition” ou intuitus en latin signifie «regard, contemplation», c’est l’observation subtile de la situation qui dit à votre corps comment il doit  se déplacer correctement.

Il n’y a pas de pensée car il n’y a pas le temps de réfléchir.
Il n’y a pas le temps de réfléchir parce que le temps est relatif.

Lors de votre prochain cours essayer de réagir sans réfléchir, vous pourriez découvrir un nouveau monde de possiblités.

Kyôgô.

De nos jours il semble qu’il y ait confusion entre les deux termes et certains hauts gradés se trompent en toute innocence, du moins je veux le croire.

Certains usent du terme de shihan (師範) alors qu’il n’en sont pas ;

Et pire encore de celui de menkyo kaiden (免許皆伝) sans avoir reçu de diplôme de sensei.

Alors comme à mon habitude nous allons faire un peu de vocabulaire :

  1. Dans le réglement du bujinkan il est stipulé que : “A 15th dan will be considered to be a true shihan” (seuls les 15°dan seront considérés comme étant de vrais shihan).
  2. 免許 menkyo veut dire : license; permis; diplôme, certificat
  3. 皆伝 kaiden veut dire : initiation complète dans un art ou une discipline
  4. 免許皆伝 dès lors veut dire : posséder la maîtrise complète ou initiation aux secrets, ou encore maîtrise totale
  5. Mais shihan peut avoir d’autres significations comme : 市販 (vendre sur les marchés) ; ou encore 死斑 (lividité post mortem

    Et menkyo kaiden (comme en 2008) peut s’écrire 面 (tête), 虚 (faux), 効 (effet), 伝 (méthode). Ce qui revient à dire “méthode ayant pour effet de faire penser de travers !”

Donc pour éviter de passer pour une personne égotique (ou à quelqu’un qui n’a pas les idées très claires), je vous invite à n’utiliser le mot shihan que lorsque vous aurez atteint le grade ultime. Et quand ce sera le cas ne faites pas l’erreur de vous affubler du titre de menkyo kaiden qui sous-entendrait que vous maîtrisez les neuf ryûha et toutes les armes et qui vous rendra ridicule aux yeux de tous (surtout après ce post).

Dernier point, le titre de menkyo kaiden vous donne théoriquement le droit de créer votre propre style. Quand sensei m’a donné le menkyo kaiden en tachi en 2004, j’étais déjà shihan, mais je n’ai pas cherché à créer de style pour autant car je sais que le chemin pour arriver à  la maîtrise est encore long.

Peut-être dans une prochaine vie qui sait… en attendant faites attention à ce que vous écrivez et entraînez-vous à vous améliorer.

Kyôgô

(english version)

武神馆道场新伝基本型- 略の巻天地人

Bujinkan Dôjô Gata Kihon Shinden – Ten Chi Jin Ryaku no Maki
Dans quelques jours nous débutons le 3ème stage Ten Chi Jin jamais organisé par mes soins. Le premier stage de ce type que j’ai organisé en France s’est déroulé en 1994 !

Pendant ces 5 jours nous nous attarderons sur les fondations du bujinkan budô taijutsu publié par sensei Hatsumi en 1987. Au cours du daikomyosai 2008, Hatsumi sensei a souligné l’importance pour les hauts gradés d’enseigner le tenchijin aux étudiants car, je cite : “de nos jours beaucoup de pratiquants n’ont jamais été exposés aux bases du bujinkan”. J’ai donné ce stage l’an passé en Inde et les résultats pour les participants ont été tellement incroyables que j’ai décidé de le faire à nouveau ici en France plus de seize ans après la première édition. Ce séminaire est ma réponse à la demande de Hatsumi sensei.

Mais l’apprentissage du tenchijin bloc après bloc est souvent ennuyeuse et de plus, n’aide pas beaucoup à comprendre les liens unissant les niveaux, les formes, les principes et les techniques. Donc pour le rendre plus intéressant, nous suivrons le programme détaillé  dans le Memento du pratiquant aussi appelé  Bujinkan Kyû Program (BKP). Le BKP a été conçu pour apprendre vite et bien ce vaste ensemble de techniques de manière plus simple et plus pédagogique. Le BKP a été élaboré sur une période de deux ans par un groupe de hauts gradés et reprend toutes les techniques du fameux Tenchijin dont le titre complet est: Bujinkan Dôjô Shinden Kihon Gata.
Le tenchijin a été créé par sensei Hatsumi afin de donner une fondation commune obligatoire aux étudiants pour commencer l’étude des 9 Ryuha (流派). Chaque technique provient de l’une des neuf écoles et doit être étudiée indépendamment de son système d’origine. Le tenchijin s’intéresse plus aux principes généraux qu’à l’esprit de telle ou telle école.

Comme nous ne suivrons pas la «logique par bloc» ou les trois parties de la Tenchijin, nous avons pris la liberté de modifier le mot shinden ayant le sens de”temple” (神殿) ou «d’enseignements transmis par les dieux» (神伝) et de le remplacer avec un autre 新伝signifiant «nouveau style, nouvelle manière, moderne”. Kihon gata veut dire “formes fondamentales” (bases).

  • La fondation de notre art martial est basé sur un triptyque de techniques toutes reliées entre elles.
  • Le principe du Ciel (ten) porte principalement sur l’apprentissage de la distance et des déplacements.
  • Le principe de la Terre (chi) porte sur les aspects biomécaniques des techniques.
  • Le principe de l’homme (jin) illustre les interactions entre le ten et le chi en utilisant des techniques des 9 ryûha

Par conséquent, ce 武神馆道场新伝基本型 (Bujinkan Dôjô Shinden Kihon Gata) est une nouvelle manière d’apprendre les formes bases et principes guerriers du bujinkan.

Module 1:
武神馆道场新伝基本型-初心者
Bujinkan Dôjô Shinden Kihon Gata – Shoshinsha (débutant)

Le niveau débutant ou Shoshinsha couvre les techniques des trois premiers Kyû (9e au 7e). Cette première série de techniques est la plus complète et son objectif est de mieux comprendre les interactions entre le Ten ryaku et le Chi ryaku. Ces trois kyû mis ensemble forment une unité logique complète .

Module 2:
武神馆道场新伝基本型-中级
Bujinkan Dôjô Shinden Kihon Gata – Chûkyû (intermédiaire)

Le niveau intermédiaire ou chûkyû  couvre encore beaucoup de techniques et concepts du Ten ryaku et le Chi ryaku, mais introduit aussi les premières techniques du Jin ryaku. Le chûkyu suit les techniques de taijutsu du  6e kyû au 4e kyû. À ce niveau, vous commencez à voir la profondeur de la complexité de ce système très simple.

Module 3:
武神馆道场新伝基本型-老功
Bujinkan Dôjô Shinden Gata Kihon – Rôkô (avancé)

Le niveau avancé ou rôkô termine l’ensemble du programme. Une fois terminé, vous aurez apris et expérimenté toutes les techniques de base du  taijutsu  et vous connaîtrez tout le Ten Chi Jin ryaku no maki. Le rôkô suit les techniques de taijutsu du 3ème kyû au premier kyû.
Vous êtes maintenant en mesure de voir les interactions profondes de toutes les parties et votre taijutsu est devenu plus fluide et plus naturel. Malheureusement nous ne pourrons pas étudier pendant ce stage les bases des armes, il faudrait pour cela un autre séminaire de cinq jours.

Important: Comme il est impossible de tout mémoriser en un temps si court n’essayez même pas . Ce qui est important est qu’après ce stage, vous serez en mesure d’assister à tout entraînement ici ou au Japon, et comprendrez les liens unissant tout.

頑張って下さい!
Gambatte Kudasai !

Kyôgô

Blogue à part

9 octobre 2010

Certains de mes posts passés sur mon blog en anglais vont peu à peu être traduits en français ici.

A terme les deux blogs auront les mêmes textes et seront reliés par des liens directs.

Kyôgô

Aujourd’hui, je veux poser une question concernant le taihenjutsu. Y a t-il une réelle différence entre kaiten et nagare ?

En dehors du Japon, tout le monde comprend le mot “ukemi” (受身) comme ayant le sens de roulade et/ou de brise-chute. Le verbe “ukeru” (受ける) signifie : recevoir ; accepter ; obtenir ; parer un coup ; subir des dommages. L’idée générale de ukemi est donc de se “recevoir” au sol.

Kaiten en japonais  s’écrit 回転 et a le sens de rotation (généralement autour de quelque chose) ; révolution ; tournant.
Nagare en japonais s’écrit 流れ et a le sens de courant ; flux ; débit.

Les deux sont utilisés au Japon pour qualifier les ukemi. Au moins dans les programmes originaux.

“Togakure Ryû Ninpô Taijutsu” (1983):
Sensei (pages 21-35 de l’édition japonaise) explique “kaiten” comme ayant le sens de tourner et rouler. Il démontre ensuite les “ukemi” suivants (à partir de la posture debout) :  zenpô kaiten,  Kohô kaiten, Sokuhô kaiten , kiten (salto avant), Kuhi (saut aérien), Shihô Tenchi tobi. Puis il introduit le “ukemi gata” avec les mouvements suivants: zenpô ukemi zagata (à partir de la posture à genoux), zenpô ukemi, sayu yoko nagashi zenpô ukemi, yoko nagare , kohô ukemi.

Bujinkan Dôjô Shinden Kihon Gata (1987):

Dans ce programme qui est je le rappelle l’évolution du manuel précédent, sensei définit les taihen ukemi jutsu gata comme suit:

1. Mae gaeshi (techniques avant)
Zenpô kaiten (roulades avant)

  • Ryôte (2 mains)
  • Katate (1 main)
  • Mute (sans les mains)

Roulade avec bond en avant

  • Ryôte (saut de main à 2 mains)
  • Katate (saut de main à 1 main)
  • Hichô (roulade avant plongée)
  • Applications naturelles

2. Yoko gaeshi (techniques sur le côté)
Soku hô kaiten (roulades sur le côté)

  • Ryôte (roulade à 2 mains sur le côté à gauche et à droite)
  • Katate (roulade à 1 main sur le côté à gauche et à droite)
  • Mute (roulade sans les mains sur le côté à gauche et à droite)

Saut et techniques de côté

  • Ôten ryôte (roue à 2 mains sur le côté gauche et à droite)
  • Ôten katate (roue à 1 main sur le côté gauche et à droite)
  • Hichô (saut de main plongé de côté à gauche et à droite)
  • Applications naturelles

3. Ushiro gaeshi (techniques arrières)
Kohô kaiten (roulades arrières)

  • Ryôte ( roulade arrière à 2 mains)
  • Katate ( roulade arrière à 1 main)
  • Mute (roulade arrière sans les mains)

Sauts en arrière

  • Ryôte (saut de main arrière à 2 mains)
  • Katate (saut de main arrière à  main)
  • Hichô (roulade arrière volante)
  • Applications naturelles

4. Zenpô ukemi (brise-chutes avant)

  • Suwari ryôte (brise-chute départ à genoux à 2 mains)
  • Suwari katate (brise-chute départ à genoux à 1 main)
  • Tachi ryôte (brise-chute départ debout à 2 mains)
  • Tachi katate (brise-chute départ debout à 1 main)
  • Applications naturelles

5. Nagare (brise-chutes)

  • Tachi ushiro (brise-chute arrière debout)
  • Migi (brise-chute de côté à droite)
  • Hidari (brise-chute de côté à gauche)
  • Tomoe (chute progressive vers l’arrière)
  • Kuruma (roulade tombée vers l’arrière)
  • Applications naturelles

6. Shihô tenchi tobi (saut hauts et bas dans les 4 directions)

  • Mae tobi (saut en avant)
  • Ushiro tobi (saut en arrière)
  • Migi tobi (saut à droite)
  • Hidari tobi (saut à gauche)
  • Ten tobi (saut en hauteur)
  • Chi tobi (saut au ras du sol)

Ces deux systèmes différents ont été enseignés par sensei en 1983 et 1987. Mais il est difficile avec eux de bien comprendre la logique du taihenjutsu ukemi gata .

Le premier système (1983) montre deux blocs de techniques avec les “kaiten”, où on roule sur le sol à partir d’une position debout ; et les “ukemi gata” où l’on se laisse tomber au sol sans rouler. Le mot «nagare» n’est utilisé qu’une fois.

Le second système (1987) montre six blocs de techniques,  “kaiten” y est mentionné mais pas de “nagare” !

Quand j’ai commencé le Bujinkan on nous a enseigné: zenpô nagare (à partir d’une posture à genoux) et zenpô kaiten (à partir d’une position debout). Aussi comme nous l’avons dit plus haut, le mot “ukemi” est devenu aujourd’hui le “terme officiel” pour toutes les roulades  en raison de la large diffusion du jûdô et de l’aïkidô.

Donc, quand j’ai commencé à enseigner les “ukemi” (roulades et brise-chutes) aucun des systèmes décrits ci-dessus ne permettait de faire comprendre simplement aux élèves le concept et les formes des roulades et brise-chutes. Par conséquent et ce pour des raisons pédagogiques, et partant du principe que peu d’étudiants apprendraient les subtilités de la langue japonaise, j’ai pris la liberté de “repenser” les ukemi gata d’une manière plus facile à comprendre pour les élèves occidentaux.

Constatations à propos de “ukemi” :

  • Le mot ukemi est communément compris comme “roulade ou brise-chute” en dehors du Japon,
  • Le terme de “kaiten” est toujours expliqué dans le système #1 à partir d’une posture debout,
  • Le terme de “nagare” n’apparaît qu’une seule fois dans le système # 1, mais a été enseigné à partir d’une posture agenouillée au Japon depuis les années 80,
  • Les brise-chutes ne roulent pas, ils vont au sol directement. Cette action de chute verticale est appelée “otoshi” en Japonais.

J’ai donc défini les ukemi gata comme suit:

  1. On appelle “ukemi” le terme général désignant les roulades et brise-chutes
  2. On appelle “ukemi nagare” toute roulade qui commence à partir d’une posture à genoux, utilisation pratique : rouler sous un obstacle,
  3. On appelle “ukemi kaiten” toute roulade à partir de la posture debout, utilisation pratique : rouler par-dessus un obstacle,
  4. On appelle “ukemi otoshi” tout brise-chute qu’il commence à partir d’une posture à genoux ou debout, utilisation pratique : se recevoir au sol sans se blesser.
  5. Tout “ukemi” (ou presque) peut se faire ryôte (à 2 mains), katate (à 1 main), mute (sans les mains),
  6. Tout “ukemi” peut être fait zenpô (mae), ushiro (koho), sayu hidari/migi,
  7. Les “ukemi” sont utilisés pour se recevoir, se défendre (augmentation de la distance), pour attaquer (se rapprocher).

Même si ce système n’est pas le système d’origine, il a l’avantage de la simplicité et peut ainsi être facilement compris par tout pratiquant débutant.
Maintenant, vous êtes libre d’utiliser les autres systèmes, si vous vous sentez mieux avec.

Kyôgô

Kihon Happô (2)

8 octobre 2010

Suite au commentaire de Dominique sur mon article précédent sur les kihon happô et que je remercie ici, je veux préciser la teneur de son commentaire.

“Tetsuzan” est l’une des nombreuses “newsletters” créées par Hatsumi sensei durant ces 30 dernières années. Tetsuzan a remplacé “Bujin” et fut remplacé par “Sanmyaku”. Aucune de ces newsletters n’a survécue.

Dans la réédition de tous les anciens numéros de Tetsuzan par buyubooks en 2004, on trouve un article de l’un des Shihan japonais dans lequel la liste est la suivante (tetsuzan, p 16) :

Les 3 formes de frappe fondamentales :

1) A partir de ichimonji no kamae :

a) jôdan uke et gedan uke

b) à partir de jôdan uke : frappe en shutô gauche et droit, omote et ura

2) A partir de hichô no kamae :

Gedan uke suivi par un coup de pied et une frappe en shutô

3) A partir de jûmonji no kamae :

A partir de la gauche ou de la droite, jôdan uke à gauche ou à droite et shitô ken (boshi ken)

Les 5 saisies fondamentales :

  1. Ura kote saka dori (torsion de poignet vers l’avant)
  2. Omote kote saka dori (torsion de poignet vers l’arrière)
  3. Musha dori
  4. Oni kudaki dori
  5. Ganseki nage

Dans le même livre p.50-54, un autre shihan démontre avec Bo Munthe, plusieurs des kihon happô : ichimonji no kamae, hichô no kamae, omote gyaku dori, omote gyaku dori contre saisie et coup de poing. Ura gyaku dori p.58. Musô dori, musha dori, ganseki nage, omote oni kudaki,  p.61-65. Dans le livre “Traditional ninjutsu” de Bo Munthe paru en 1987, la liste des kihon happô (faits avec le même shihan) est la suivante : ichimonji no kamae, hichô no kamae, jûmonji no kamae, omote gyaku, omote gyaku et tsuki, musô dori, musha dori.

Comme vous le voyez, la “vérité” est comme toujours multiple et c’est la raison pour laquelle je ne parle que des versions des kihon happô publiées par hatsumi sensei et non pas leurs interprétations par des shihan japonais. A noter que leurs interprétations sont toutes excellentes et qu’ils ont écrits ces articles à la demande de sensei.

Pour finir, je vais citer Nagato sensei (toujours dans tetsuzan, p.36) : “les vrais kihon happô sont vivants. Ils changent en permanence. (…) Comme je l’ai dit, les kihon happô ne peuvent être définis ou délimités. Naturellement je ne considère pas mes kihon happô comme parfaitement corrects ou totalement incorrects. Pour devenir un grand arbre / martial artist, les racines sont indispensables.”

Hatsumi sensei le répète souvent, il n’y a pas de bonnes façons ou de mauvaises façons de faire. Néanmoins sans maîtriser les kihon happô dans leur multiplicité, vous n’avez aucune chance de construire des fondations solides.

Kyôgô

NON !

Ce séminaire n’est pas conçu pour se rappeler de tout, ici il s’agit de comprendre l’outil fantastique que Hatsumi sensei nous a donné pour entrer dans le monde des arts martiaux du bujinkan.
A la fin du stage vous serez épuisé, proche de l’amnésie ; votre corps sera une épave et votre cerveau complètement grillé !

MAIS :

Votre corps aura acquis un entraînement et une expérience profonde qui lui permettra de passer au niveau suivant.

Dans un monde parfait ce stage devrait être rendu obligatoire chaque année pour chaque membre du Bujinkan (y compris les hauts gradés).

  • Si vous êtes un débutant, ce séminaire est pour vous!
  • Si vous êtes ceinture noire avancée, ce séminaire est pour vous!

La beauté du Bujinkan Dôjô Shinden Kihon Gata aka Ten Chi Jin Ryaku no Maki, c’est que tout le monde a besoin d’améliorer ses bases et que cette progression est infinie. On peut toujours être meilleur !

Les bases et fondations du taijutsu peuvent toujours être améliorées et si vous nous rejoignez vous en sortirez fatigué mais conscient de la progression de votre niveau et de votre compréhension.

Ganbatte!

Kyôgô

Inscription obligatoire (avant le 19 octobre) ICI

La Fondation du Taijutsu

7 octobre 2010

La qualité de notre taijutsu dépend de la profondeur de nos bases. Mais qu’est-ce que le taijutsu et que sont réellement nos fondations ?
Le taijutsu est souvent compris comme le mouvement du corps seul, mais quand vous êtes habitué à sensei Hatsumi et à sa vision de la vie, il est toujours intéressant de creuser un peu plus et voir ce que les mots qu’il utilise signifient vraiment afin de comprendre et de pouvoir lire entre les lignes.

Premièrement le kanji 術, jutsu veut dire soit l’art, les moyens, ou la technique comme nous le savons, mais c’est avec les diverses significations du mot tai que nous avons pénétrons la subtilité du message.

Lorsque vous regardez les trois sens de “tai” vous découvrez qu’ils peuvent tous s’appliquer à notre pratique.
体, tai a 3 significations principales:

  1. le physique ; la posture ; le corps
  2. la forme, le style
  3. la substance , l’identité, la réalité.

Taijutsu est un jutsu fait avec le corps qui va du pur omote (le corps) pour entrer dans le monde du ura (la réalité). Il s’agit d’intégrer le taigamae (体構え) et le kokorogamae (心構え). Il s’agit d’un taijutsu centré sur soi et c’est le sens premier et commun de ce mot.

Mais tai peut aussi s’écrire avec le kanji 対, et ce tai élargit notre compréhension du taijutsu parce qu’il a les sens de :

  1. faire face, opposition
  2. contre, opposé
  3. égalité ; être sur un pied d’égalité
  4. contre ; anti.

Cela amène à une nouvelle compréhension du mot taijutsu qui est en expansion et qui ajoute l’idée de combattre un ennemi et d’équilibrer les forces de l’adversaire. Maintenant, nous quittons le recentrage solitaire et intégrant l’adversaire dans nos actions. Le centre est devenu bipolaire, inyo ; l’homme a fini de lutter contre lui-même, il lutte maintenant contre un autre homme.

Ecrit avec le kanji 队, nous entrons dans une dimension encore plus vaste qui précise l’idée originelle mais qui l’étend encore plus.
Ce dernier tai signifie :

  1. parti ; société,
  2. corps (de troupe); troupe,
  3. entité, armée.

Maintenant ce taijutsu élargit inclut donc l’idée de combattre une armée et d’interagir avec nos amis et nos ennemis.

La chose intéressante dans cette explication des sens possibles d’un groupe de sons c’est qu’en recherchant les différentes compréhensions de “tai” nous sommes passés du niveau de :

1) l’apprentissage solitaire ; 1

2) à la rencontre de l’adversaire ; 1 contre 1

3) au champ de bataille. x contre x

Alors le taijutsu doit être compris comme un système général préparant le corps et l’esprit pour avancer du niveau du débutant à celui d’avancé.

Nos fondations reposent sur la qualité de nos bases. Nous les apprenons d’abord seul, puis avec un partenaire et ce processus dure des années. Le taijutsu nous aide à grandir dans la forme du omote pour finalement atteindre à l’essence du ura. Nous passons progressivement du visible à l’invisible ; de la forme à l’esprit ; de la pensée à l’intuition.

En japonais, 大本 est le kanji pour fondation. Il se lit soit «taihon” (Taihen?) soit “Ômote” (omote?). Peut-être est-ce là la façon dont nous devons comprendre sensei quand il parle de 実践 jissen (pratique ; appliquer ; mettre en pratique) et de 実戦 jissen (combat; combat réel).

Nous devons toujours garder à l’esprit ce que sensei a répété à plusieurs reprises en cours à propos des densho : “les densho ont été conçus pour les enfants (débutants)” et c’est pour cela que les techniques doivent être enseignées mécaniquement étape par étape. Une technique doit être simple pour qu’elle puisse être saisie par un enfant de 10 ans.
Historiquement, le jeune samouraï commencait sa formation aux techniques guerrières aux alentours de 10 ans et était considéré comme “adulte” à 15 ans. A 15 ans il était autorisé à se rendre au champ de bataille (et à y mourir).

En fait, les 15 dan du Bujinkan ont été créés par sensei aussi pour symboliser cela. Lorsque vous commencez vous êtes un débutant et puis après de nombreuses années vous atteignez l’âge adulte et devenez responsable de vos propres actions, vous êtes jûgodan. Mais sans de bonnes bases votre taijutsu manquera de crédibilité (et vous mourrez à la première bataille).

Par conséquent, notre évolution dans l’apprentissage par les trois tai définis précédemment doit nous guidera dans notre maîtrise de taijutsu. Nous passons progressivement du taijutsu (体術) au taijutsu (队術) qui comprend l’utilisation de yoroi et des armes.

Le premier tai (体, le corps) est la traduction moderne (19° siècle), mais par le passé tai englobait aussi l’esprit, les armes et les yoroi. Si vous y pensez c’est tout à fait logique. Comme nous l’avons dit plus tôt, le jeune samouraï (des enfants) ne sont pas en mesure de comprendre les subtilités des techniques de haut niveau y compris et surtout les techniques avec armes. Ainsi, afin de s’en tenir au principe de simplicité KISS (Keep It Simple & Stupid), les formateurs ont simplifié les techniques en enlevant les armes et se mirent à enseigner le combat à mains nues exclusivement.

C’est pourquoi dans le bujinkan nous commençons notre formation par le combat à mains nues. Sur le champ de bataille un guerrier porte toujours ses armes et le combat à mains nues était rarement utilisé.

Le fondation de notre taijutsu est un ensemble de bases acquises en combat à mains nues et regroupées par sensei dans le tenchijin ryaku no maki publié en japonais en 1983 puis mis à jour et publié en anglais en 1987. Une fois maîtrisé le taijutsu sans armes, il est complété par l’apprentissage de toutes les armes habituelles des samouraïs et le yoroi pour créer un mouvement fluide et naturel.

C’est pourquoi on peut dire que le taijutsu (体術) est le vrai fondement du taijutsu (队術).

Kyôgô

Internet est un fantastique révélateur des personnalités et les attaques virtuelles contre les uns ou les autres sont courantes.

Mais il semble que ces attaques se font plus nombreuses depuis quelques mois à mon égard alors que je ne suis présent que sur mes blogs que personne, soit dit en passant, ne vous oblige à lire et dans lesquels je n’attaque personne. A part parfois la bêtise.

A lire vos débordements médiatiques,  j’ai l’impression d’être comme un petit caillou dans vos chaussures vous empêchant de marcher sereinement et d’être heureux. Rappelons-le encore une fois, il n’y a pas de responsable national au bujinkan et il n’y en aura jamais suivant le voeu de sensei. Donc chacun peut vivre sa “vérité” comme il l’entend et être ce qu’il veut et peut être. Mais honnêtement en ce qui me concerne, j’aime cette discipline et c’est pourquoi depuis toutes ces années je suis resté actif au sein du bujinkan et que, apparemment pour votre malheur, je reste aujourd’hui l’un des plus anciens encore en activité. Comme je le dis souvent vous auriez dû commencer plus tôt. Alors à quoi vous servent ces torrents d’inepties et de semi-vérités à mon égard que vous déversez quotidiennement ? A moins qu’elles n’aient un but thérapeutique, elles sont inutiles et contre-productives.

Bien sûr mon caractère souvent trop “direct” et mon ironie parfois déplacée ont pu vous agacer, mais dans le cours de notre vie d’homme nous faisons tous des erreurs. Et, sincèrement, si vous pensez avoir été lésé, autrement que dans votre ego, par mes actions dans le passé je vous prie de bien vouloir m’en excuser. Ceci étant comme mes élèves sont reconnus unanimement comme des instructeurs de valeur au Japon et ailleurs, alors peut-être que la méthode n’était pas si mauvaise après tout.

Vous aimez les faits semble t-il :

  • Le fait est que la très grande majorité des instructeurs de France sont issus directement (ou indirectement) de ma façon d’enseigner et de comprendre le bujinkan et qu’ils sont appréciés qualitativement au Japon.
  • Le fait est que la loyauté de mes propres élèves est inversement proportionnelle à l’augmentation du grade dudit élève. un grade n’est rien sans la valeur humaine qui le sous-tend.
  • Le fait est qu’en psychologie cela s’appelle “tuer le père” et que cette attitude qui consiste à critiquer ce que l’on a adoré est tout à fait courant. Il faut savoir passer de la relation père/fils à celle de frères d’arme.
  • Le fait est que, quelque soit votre grade, vous devez avant tout continuer à vous améliorer en tant qu’être humain et que c’est là le vrai message de Hatsumi sensei. C’est une école de Vie que le bujinkan.

La plupart d’entre vous êtes encore jeunes et vous avez encore l’illusion du savoir absolu et de la vérité unique, mais je sais par expérience que le temps saura adoucir, parfois avec violence, vos extrémismes d’aujourd’hui et sans doute regretterez-vous vos écrits d’aujourd’hui qui vos seront opposés par vos propres élèves encore fidèles à ce jour.

Plus vous critiquez les autres et moins vous vous améliorez. Alors de grâce suivez mon conseil et laissez votre clavier de côté pour quelques temps pour vous recentrer sur votre vie car je ne veux pas croire que ces agressions virtuelles vous rendent réellement heureux.

Cela vous rend-il vraiment heureux ?

Kyôgô

  1. NB: le thème de cette année est rokkon shôjô, “soyez heureux !”
  2. NB: pour les bornés, vous pouvez continuer j’ai l’habitude.
  3. NB: pour mes élèves, rappelez-vous des thèmes abordés lors des jupi passées.
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